Haïti encore plongé dans l’aide l’humanitaire

L’humanitaire, un concept en temps de crise qui procure de l’espoir, celui de pouvoir s’abriter, avoir un plat chaud, de l’eau à boire, la possibilité d’avoir un peu de temps pour respirer, laisser passer le temps. D’habitude, le temps sait bien comment s’y prendre. Mais l’humanitaire  fait peur aussi. Rien qu’à l’entendre, cela provoque des frissonnements sans pareil. Souvent, derrière cet élan d’humanisme manifesté par des actes ponctuels, se cache une grande tendance à la corruption, une envie de faire fortune au détriment des victimes.

 

Nous en faisons l’expérience depuis des décennies et l’échec constaté est cuisant. Il a fallu le tremblement de terre du 12 janvier 2010 pour donner la preuve flagrante que l’aide extérieure ne pourra nullement nous sortir de ce triste chaos. Des promesses fallacieuses ont été faites, des millions ont été mal dépensés, une bonne partie aussi détourné, les soi-disant experts internationaux n’ont pas su quelle méthode appropriée appliquer à notre situation, certaines ONG en ont profité pour faire leurs débuts. Et tout ça s’est soldé par une catastrophe. Haïti est devenu un «  cimetière de projet » selon l’expression de Ricardo Seitenfus Plus de 6 ans après, les changements espérés ne se montrent pas, et ne se montreront peut être jamais. Nous avons cessé de nous bercer d’illusions.

Avec le passage de l’ouragan Matthew, l’humanitaire en Haïti refait surface. L’ouragan a laissé derrière lui un bilan très lourd. J’ai été pris au dépourvu en m’informant sur les divers impacts qu’il y a eu, comme après le tremblement de terre cloîtré dans mon réel, j’ai minimisé ce cri de la nature. Selon moi, ce n’était pas grave. Demain le cours normal des choses reprendrait. Mais, encore une fois ma perception des choses a été fausse. Matthew, selon les autorités, a fait plus de 388 morts, déplacé plus de 25 000 personnes et endommagé des centaines de maisons. Il a aussi causé une résurgence des cas de choléra. Ne parlons pas des plantations et des bétails des habitants de trois départements les plus touchés, à savoir les Nippes, le sud et la Grande Anse.

Récupération politique de la catastrophe

En pleine campagne électorale, certains candidats en profitent pour faire de l’aide un instrument politique. C’est ainsi que dans les centres d’hébergements, certains sont venus distribuer de l’eau, des kits alimentaires, des plats chaud. D’autres en font de la propagande avec du matériel disponible, mais surtout avec un certain mépris pour la dignité de ces personnes. On voit tous les photos à travers les réseaux sociaux : comme s’il fallait être candidat à la présidence, au Sénat; ou au je ne sais quoi encore, pour apporter son appui à des concitoyens qui sont en grande nécessité.

A l’extérieur aussi, la diaspora haïtienne et d’autres citoyens étrangers conscients des besoins pressant de ses communautés commencent à se mobiliser pour voir comment aider. Mais, cette fois-ci l’aide apportée doit réellement trouver les personnes touchées par les intempéries. Elle ne doit pas participer à enrichir quelques acteurs étrangers ainsi que nos hommes politiques. Le malheur des victimes ne doit pas faire le bonheur de quelques-uns. Cette assistance ne doit pas nous être mortelle.

Quelques photos temoigant de cette situation:

 

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www.lemonde.fr

 

Une foule qui attend une distribution
www.scoopnest.com

 

Un bateau qui apporte de l'aide
www.voixdunord.com

6 thoughts on “Haïti encore plongé dans l’aide l’humanitaire

  1. Bravo camarade!
    Les Ong doivent s’inscrire ces aides plutôt dans une logique structurelle que conjoncturelle. Sinon on aura une république Ong !

    1. L’Etat doit prendre men charge la distribution efficace de l’aide selon les besoins des zones touchees et des groups les plus vulnerabes. Sinon, on aura toujours une gestion calamiteuse de l’aide.

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